La rue Sherbrooke

Une artère d’envergure au caractère hétéroclite

Une étendue d’eau, voici ce qui bordait il y a de cela 10 000 ans la rue Sherbrooke. Aujourd’hui jalonnée d’histoire, elle porte les traces du développement et de la densification de Montréal. Bien éloignée de son rapport fluvial précédent, c’est maintenant le bas de la ville qu’elle surplombe sur une grande partie de son parcours.

Devenue route provinciale, la rue Sherbrooke traverse la métropole d’Est en Ouest, partant de l’avenue Westminster (Montréal Ouest) pour se jeter 32 kilomètres plus loin dans la rue Notre-Dame Est (Bout-de-l’île). Voie de communication d’importance, elle fut dès le 19e siècle un marqueur urbain dans la composition de la ville et a su avec le temps conserver son caractère vertébral. Ainsi de limite nord de Montréal, elle en est devenue une des rues les plus prestigieuses, transformant son caractère résidentiel en commercial puis culturel. Aujourd’hui, aux maisons bourgeoises et aux églises d’envergures se juxtaposent grands magasins de prestige, club sélect, tours d’appartements ou encore campus universitaires.

Mais que connaissez vous réellement de son histoire ? Comment lire les bâtiments qui l’entourent ? Comment déchiffrer son identité si singulière et multiple ?

Dans le cadre de ce festival, nous vous proposons de parcourir un tronçon de cette artère fondatrice, sous le regard de deux guides : Natalie C Smith et Istvan Kovacs, architectes associés de DFS inc. Architecture & Design. Prenons le temps d’explorer celle-ci, de la rue Université à la rue Notre-Dame Ouest, en portant regard non plus sur le bitume, l’agitation routière ou les feux de traverse mais cette fois-ci sur la richesse de son bâti !

Pour vous donner l’envie de participer à cette marche urbaine, en voici un avant goût à travers quelques emblèmes !

Le Musée McCord (édifice actuel : 1906 – musée : 1921)

Créer un musée national d’histoire à Montréal : un projet ambitieux développé à l’automne 1921 par le visionnaire et collectionneur David Ross McCord. Le musée investit les murs de son bâtiment actuel en 1971, dans l’ancien centre universitaire des étudiants de l’Université McGill construit en 1906 par l’architecte de renom Percy Erskine Nobbs. Aujourd’hui, il s’agit d’un musée privé.

Le grand magasin Holt Renfrew (1937)

De style Art Déco, ce magasin de prestige est un exemple « de cette modernité architecturale qui connut un grand succès au Québec dans les années 1920-1930 ». Il témoigne également de l’effervescence qui habite la ville durant ces périodes glorieuses où prédominent consommation, innovation, insouciance et apparence. Encore en fonction à ce jour, il est un des derniers vestiges de cette période qui marqua l’arrivée des grands magasins à Montréal. Sa fermeture est toutefois annoncée pour 2017, après sa fusion avec son équivalent Ogilvy, quelques rues plus au sud. Pourtant son prestige est indissociable de sa localisation sur la rue Sherbrooke et de son architecture. Cette fermeture pose donc question.

 

L’église Erskine and American United (construction : 1893 – réhabilitation : 2006-2011)

Désigné lieu historique national du Canada en 1998, cette église de style néo-roman est un point de repère sur la rue Sherbrooke. Récemment restaurée et réhabilitée en salle de concerts par la firme d’architecture Provencher-Roy, elle se confronte également à un ajout contemporain qui cherche par un dialogue sensible et respectueux à la mettre en valeur. 

Le Club Mount Royal (1904-1906)

Ce lieu mystérieux et très « sélect » a su dorer son image d’un prestige qui relève quasiment du mythe. Infranchissable pour le grand public, privilège pour la « classe supérieure », le seuil de cet édifice se pare d’une façade néoclassique de grande simplicité. Une sobriété et une sévérité qui dissimule aux regards des curieux un univers intérieur que l’on dit somptueux !

La Maison Louis Joseph Forget (1882-1884)

Construite pour l’homme d’affaires Louis-Joseph Forget et sa famille, cette luxueuse résidence bourgeoise borde la rue Sherbrooke au croisement de la rue Drummond. Inspirée du style Second Empire, elle témoigne du souci de concilier vie de famille et vie professionnelle, deux activités réunit sous un même toit mêlant mondanité relationnelle et intimité. Sa façade principale est ainsi divisée en deux zones distinctes, séparant horizontalement étage d’apparat et étage domestique.

Envie d’en découvrir davantage ? Nous vous invitons à vous inscrire à notre évènement !

Pour approfondir :  

  • « La rue Sherbrooke et ses intersections », Les grandes rues de Montréal[en ligne], consulté en juin 2015
  • Le Grand répertoire du patrimoine bâti de Montréal, [en ligne], consulté en juin 2015
  • DOCOMOMO Québec, Magasin Holt Renfrew, Montréal, 1937, [en ligne], consulté en juin 2015
  • DOYON, Frédérique, «Patrimoine montréalais – Le sort incertain de l’édifice Holt Renfrew suscite l’inquiétude », Le Devoir, 26 novembre 2013, [en ligne], consulté en juin 2015
  • POITRAS, Jean-Claude, «Holt Renefrew: je me souviens», Le Devoir, 29 septembre 2012, [en ligne], consulté en juin 2015
  • Culture et communications Québec, Répertoire du patrimoine culturel du Québec[en ligne], consulté en juin 2015

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